Le gouvernement a mis en œuvre depuis quelques mois un bouleversement en profondeur de notre système de recherche et d'enseignement supérieur. Dans son discours du 22 janvier, N. Sarkozy dénonce la médiocrité de la production scientifique française au regard des efforts budgétaires prétendument consentis. Nous sommes en désaccord profond avec ce diagnostic. En effet, la recherche publique est soumise à une évaluation nationale et internationale permanente. Nous récusons donc les réformes qui découlent de ce diagnostic erroné. D'autres réformes sont possibles et souhaitables, comme en témoignent les nombreuses propositions des Etats Généraux de la Recherche.
Nous affirmons réaliser au laboratoire CREATIS-LRMN une recherche de qualité, reconnue au niveau international, ainsi qu’en témoignent nos publications, nos collaborations internationales et l'intégration des doctorants que nous formons au plus haut niveau, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Nous soulignons de plus qu'une recherche d'une telle qualité serait impossible sans les efforts conjugués de l’ensemble des personnels de la recherche quels que soient leurs statuts et catégorie.
Au-delà du jugement porté sur notre productivité, nous contestons avec énergie que la seule utilité, immédiate ou à terme, de la production du savoir soit économique. La recherche sert aussi à mieux connaître le monde dans lequel nous vivons et à œuvrer pour le progrès de la société, et doit donc être reconnue d’utilité publique. Pour toutes ces raisons, nous déclarons aujourd'hui que CREATIS-LRMN est en lutte, afin que soit conduite une réforme respectueuse de valeurs portées par la recherche et l'enseignement supérieur.